Jeunesse Sans Voie - Moussa

Témoignages

Moussa

Moussa, 17 ans

Donner l'opportunité d'apprendre

« Maintenant, je peux regarder vers l’avenir »

Je viens de la Côte d’Ivoire, où je vivais avec ma mère malade et ma sœur, qui est ensuite partie se marier à Abidjan. On était très pauvre, et ma mère n’avait pas les moyens de m’amener à l’école. À sa mort en 2014, je suis allé rejoindre ma sœur et son mari dans la capitale, mais j’étais une trop grosse charge pour son mari qui n’avait pas les moyens de m’héberger. Je n’avais plus rien à faire de mes journées et plus aucun attachement : c’est à ce moment que j’ai décidé de partir.

Ça a été un très long périple. J’ai connu la prison, je me suis fait enfermer dans de petites maisons avec plus de 200 personnes… J’ai dû traverser le désert à pied avec très peu d’eau et une chaleur étouffante pour arriver en Lybie.

Quand je suis arrivé en France, en janvier 2017, je ne savais pas où aller. Par chance, un couple m’a dirigé vers Pontoise, où une structure de la Croix-Rouge a pu me placer dans un hôtel social.

Après deux mois là-bas, j’ai intégré un foyer d’Apprentis d’Auteuil, où j’ai pu améliorer mon français et m’adapter à la vie ici. Les éducateurs auxquels j’ai eu affaire m’ont tout de suite inscrit à l’école : c’est ce que je souhaitais le plus. Les professeurs étaient là pour nous et m’ont aidé à avancer.

C’est là-bas que j’ai connu la mécanique, qui m’a tout de suite attiré !

Aujourd’hui, je suis en première année de CAP, et je suis très heureux. Mon éducateur m’a beaucoup aidé à chercher un patron : il m’a accompagné dans les garages et m’a aidé à rédiger ma lettre de motivation et mon CV. Ça fait maintenant trois semaines que je travaille en alternance : une semaine en cours, une semaine au garage.

Sincèrement, si je suis là aujourd’hui et que je souris, c’est grâce à Apprentis d’Auteuil. J’ai rencontré des amis sur lesquels je peux compter, et je me sens très bien intégré.

Maintenant, je peux regarder vers l’avenir : mon rêve, c’est de devenir patron en mécanique. J’aime énormément ce que je fais : quand je reçois une voiture en panne que je dois réparer, je suis heureux, je change ses plaquettes, et j’ai l’impression que j’ai accompli un miracle ! Je ne veux pas abandonner : ce que je veux le plus, c’est m’intégrer à la société.