Jeunesse Sans Voie - Onkar

Témoignages

Onkar

Onkar, chef d'entreprise

D'exilé à chef d'entreprise

« J’ai la chance de travailler pour moi, j’ai appris la langue française. »

J’ai quitté l’Inde quand j’avais 12 ans. Je n’avais aucun avenir là-bas, le pays est très pauvre, on avait du mal à se nourrir. Quand je voyais des gens venir de pays occidentaux, je voyais que c’était différent là-bas. Alors j’ai décidé de partir.

Mon parcours a été long. Nous avons traversé tout l’Iran à pied, et notre bateau pour aller de la Grèce à l’Italie a coulé juste avant d’arriver sur la côte. C’était un moment très dur, beaucoup de personnes ne savaient pas nager. Heureusement, moi oui, et surtout, la police et des pompiers sont venus nous secourir.

Dès que je suis arrivé en France, à Paris, je voulais réussir dans ce pays. D’abord j’ai commencé par travailler dans les marchés, faire des bricoles dans le bâtiment, … pour pouvoir manger et payer mon loyer. Et puis j’ai été envoyé dans un foyer d’urgence de l’Aide sociale à l’enfance, et ensuite à Apprentis d’Auteuil.

En entrant dans la fondation, je voulais faire de la menuiserie, et j’ai pu commencer un CAP menuisier fabricant. J’ai parfois voulu partir, mais les éducateurs ici m’ont conseillé, épaulé, et je savais qu’en restant ici je pouvais apprendre un métier et la langue française. Rester à Apprentis d’Auteuil a été ma meilleure décision.

Aujourd’hui, j’ai ma propre entreprise où je m’occupe de l’aménagement de véhicules utilitaires : je fais des casiers sur mesure pour les plombiers, les électriciens… pour que chacun puisse y ranger des vêtements ou des mallettes à outils. J’ai la chance de travailler pour moi, j’ai appris la langue française, et surtout, depuis 2013, j’ai obtenu la nationalité française !  C’était très important pour moi de devenir français, et tout ça, je sais que ça n’aurait pas été possible sans l’aide d’Apprentis d’Auteuil.

La suite ? Je viens d’embaucher deux salariés, et je compte bien continuer de faire grandir mon projet !